Interview
Vice-champion de France de la 48ᵉ édition des WorldSkills, dans la catégorie Solutions logicielles pour entreprise, Luis-Junior Araujo Da Costa incarne l’exigence, la rigueur et l’ambition. Il revient sur son parcours et les étapes qui l’ont conduit à concilier excellence académique et compétition nationale.
Propos recueillis le 04 février 2026.
Luis-Junior Araujo Da Costa
Licence 3 MIASHS MIAGE (2025-2026)
- Peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours ?
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Je suis Luis-Junior Araujo Da Costa, actuellement étudiant en Licence 3 MIASHS parcours MIAGE et vice-champion de France de la 48ᵉ édition des WorldSkills, dans la catégorie Solutions logicielles pour entreprise.
Après un baccalauréat général au lycée Bonaparte à Toulon, j’ai poursuivi en BTS SIO option SLAM, dans le même établissement. Très tôt, j’ai su que je souhaitais évoluer dans le développement logiciel, avec une ambition à long terme : créer ma propre entreprise.
La formation MIASHS MIAGE s’est imposée naturellement. Elle propose une approche pluridisciplinaire, à la croisée de l’informatique, de la gestion et du fonctionnement des organisations. Cette double compétence correspond pleinement à ma vision du métier d’ingénieur logiciel : il ne s’agit pas seulement d’écrire du code, mais aussi de comprendre les enjeux métiers et stratégiques.
- Comment as-tu découvert la compétition WorldSkills France ?
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J’ai découvert la compétition grâce à mon professeur de cybersécurité en BTS SIO, José Gil, qui m’a proposé de tenter l’aventure et m’a accompagné tout au long du parcours, des épreuves régionales jusqu’aux finales nationales.
J’ai choisi la catégorie Solutions logicielles pour entreprise car elle correspond parfaitement à mon cursus et à mon appétence pour la conception de solutions robustes, complètes et maintenables. Les épreuves reflètent des problématiques concrètes rencontrées en entreprise : développement d’applications métiers, conception de bases de données, APIs, interfaces utilisateur et contraintes de sécurité.
- Que représente pour toi ce titre de vice-champion de France ?
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Ce titre est ambivalent sur le plan personnel. Je ne suis pas naturellement très confiant et je peux parfois ressentir une forme de syndrome de l’imposteur. Il m’arrive d’avoir du recul, voire une certaine réserve vis-à-vis de cette distinction.
Mais il constitue aussi une véritable source de confiance. Il me rappelle que, malgré mes doutes, je suis capable de produire un travail de qualité, de m’adapter à des problématiques complexes et de maintenir un haut niveau d’exigence. Sur le plan professionnel, c’est une reconnaissance forte de mes compétences techniques, mais aussi de ma rigueur et de ma capacité à travailler sous pression.
- En quoi ta formation a-t-elle été un atout dans cette réussite ?
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La compétition est structurée autour de nombreux modules : conception logicielle, bases de données, développement applicatif, APIs, sécurité.
La conception de bases de données, par exemple, occupe une place importante. En formation, nous travaillons sur les bonnes pratiques, la modélisation, les diagrammes UML et la cohérence des schémas. Cela m’a permis d’aborder cette épreuve avec méthode et assurance.
Nous abordons également le développement d’applications mobiles, ce qui m’a apporté des bases solides sur les contraintes d’ergonomie, de performance et d’expérience utilisateur.
Même lorsque certains aspects n’étaient pas directement enseignés - comme le développement d’applications desktop ou certaines architectures d’API REST - la formation m’a appris à apprendre rapidement, à structurer ma réflexion et à rechercher efficacement les bonnes ressources.
- Comment t’organises-tu entre les études et la compétition ?
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La charge de travail est importante, mais j’ai progressivement trouvé un équilibre.
En semaine, de 8h à 18h, je me consacre aux cours. Quand j'en ai, les demi-journées libres me permettent d’avancer sur les devoirs, d’autant que nous travaillons souvent dessus directement en classe.
En soirée, jusqu’à 22h, je me concentre sur la préparation WorldSkills. Le week-end, j’essaie de conserver une certaine flexibilité : si nécessaire, j’avance sur mes projets ou mes entraînements, tout en préservant des moments de repos et de vie personnelle.
Cette organisation me permet également de pratiquer une activité sportive et de viser l’excellence à la fois académique et compétitive. J’ai terminé mon BTS en tant que major de promotion, et je poursuis aujourd’hui cette dynamique en Licence 3 MIAGE.
- Quelles sont les prochaines étapes ?
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À court terme, l’objectif est clair : la compétition internationale WorldSkills à Shanghai en septembre 2026. Mon ambition est d’en revenir médaillé d’or.
Sur le plan personnel, une fois la compétition terminée, j’aimerais développer des projets en domotique et explorer le développement de jeux vidéo, deux domaines qui m’attirent particulièrement.
Enfin, côté études, la Licence 3 MIAGE m’ouvre plusieurs perspectives. J’hésite encore entre intégrer une école d’ingénieurs ou poursuivre en Master. À plus long terme, je garde également en tête la possibilité d’un doctorat afin de contribuer à des projets de recherche et d’innovation.