Emeline MANKA, doctorante en 2ᵉ année au centre Inria d’Université Côte d’Azur, partage son expérience à l’international. Grâce au programme de mobilité DocWalker de l’Académie RISE et au soutien de l'EUR DS4H, elle a passé deux mois au sein du département de bio-ingénierie de l’Imperial College London, en Grande-Bretagne.
30 avril 2026
Quel est votre domaine de recherche ?
Je suis doctorante en deuxième année dans l’équipe Cronos au centre de recherches Inria de Sophia Antipolis. Les différents travaux de mes collègues, ainsi que les miens, portent sur la modélisation des réseaux dynamiques neuronaux. Ma thèse, “Modélisation des potentiels évoqués par stimulation directe et leurs liens à l'électromyographie”, fait partie du projet connecTC, en partenariat avec le CHU de Nice Pasteur II. Ce projet vise à améliorer la vie des patients subissant une chirurgie de résection (ablation d’un gliome, un type de tumeur cérébrale), et ce par l’étude des différents signaux émis par le cortex suite aux stimulations appliquées pendant ce type d’opération.
Comment a débuté votre projet de mobilité internationale?
Les signaux cérébraux ne sont pas les seules réponses qui m’intéressent pendant la chirurgie. Il est également possible d’enregistrer l’activité musculaire générée par une stimulation, au niveau des muscles de l’avant-bras, par exemple. On appelle cette modalité l'électromyographie (ou EMG).
Utiliser l’EMG en chirurgie éveillée du gliome n’est pas répandu et, malheureusement, mon équipe n’est pas spécialiste de cette technique. En revanche, le département de Bioingénierie de l’Imperial College de Londres est la meilleure adresse pour ce domaine. De plus, l’entente entre nos deux laboratoires faisait déjà l’objet d’une équipe associée, MUSCULAR.
DocWalker était pour moi l’opportunité de rejoindre l’équipe du professeur Dario Farina, une référence mondiale du sujet, et ainsi de me familiariser avec les différents concepts théoriques et pratiques de l’EMG.
Comment vous êtes-vous préparée pour votre départ ?
Pour préparer administrativement mon voyage, le site diplomatie.gouv m’a permis de cerner à l’avance les démarches administratives à réaliser : visa, CEAM, assurance… Pour chaque pays du monde, il propose un bon résumé des choses à prévoir en tant que voyageur français.
Pour préparer mon arrivée à l’Imperial College, avoir un correspondant sur place était une aide précieuse. Un des étudiants du laboratoire avait été nommé référent. Nous échangions régulièrement pour rendre mon inscription plus efficace.
Comment se déroulait votre quotidien ?
J’ai trouvé un logement à 20min à pieds de mon laboratoire. Sur place, je travaillais le plus souvent en autonomie mais l’organisation en open space me permettait de facilement poser des questions à mes collègues, pour la majeure partie doctorants ou post-doctorants sur des sujets connexes. J’ai également eu la chance de pouvoir participer à des enregistrements variés, et de me familiariser avec la manipulation du matériel.
Enregistrements EMG (gauche : monopolaire, milieu : HD, droite : avec stimulation) Enregistrements EMG (gauche : monopolaire, milieu : HD, droite : avec stimulation)
Une fois par mois, je faisais le point avec le professeur Farina, et de manière hebdomadaire, avec un étudiant référent. Nous envisageons d’ailleurs de poursuivre notre travail commun au-delà de DocWalker. L’équipe organisait également des réunions, toutes les deux semaines, afin de présenter l’avancée du travail de chacun de ses membres.
Avez-vous des conseils pour les futurs candidats à la mobilité ?
Si vous avez la possibilité de demander un référent sur place à votre future équipe, c’est un avantage non négligeable : que ce soit pour accélérer les démarches, clarifier certains détails administratifs, être présenté.e aux autres membres de l’équipe ou encore faciliter les prises de contacts avec d’autres chercheurs sur place.
Planifiez votre séjour scientifique…mais aussi vos weekends ! Deux mois seul.e et à l’étranger, ça peut parfois être long ! J’avais la chance d’être dans une capitale riche d’activités touristiques et je me planifiais une visite/match/concert chaque weekend pour en profiter un maximum, je repars avec des souvenirs plein la tête !
Un monument pas très connu, un match des Romford Raiders, et un ancêtre de l’EEG du musée des sciences Un monument pas très connu, un match des Romford Raiders, et un ancêtre de l’EEG du musée des sciences